Harold, 21 ans, passe un Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole (BPREA) en élevage caprin et apprend son métier dans une ferme du Tarn. Depuis son lieu de travail, il garde un œil sur la campagne présidentielle… bien qu’il soit déçu du peu de temps accordé par les candidats et les médias aux enjeux de l’agriculture.
“Je m’appelle Harold, j’ai 21 ans et je suis apprenti agriculteur, éleveur plus particulièrement. Mon rapport à la politique a beaucoup évolué au fur et à mesure du temps. J’étais beaucoup impliqué au moment des marches pour le climat par exemple. C’est un moment ou j’ai participé à des manifestations. Ensuite, j’ai eu besoin de me focaliser sur d’autres choses, notamment sur ce que je voulais faire de ma vie de manière concrète. Donc je m’intéressais moins à la politique mais là, avec la présidentielle qui prend beaucoup plus de place dans les médias et dans les discussions dans mon entourage… je m’y réintéresse pas mal.”
“J’ai des candidats clairement favoris, plutôt à gauche… Mélenchon, Poutou. Mais en même temps, je suis assez déçu de ces candidats. Moi, les sujets qui me concernent en ce moment, essentiellement l’agriculture, je trouve que les politiques n’en parlent pas. Les paysans, on est 300 000 aujourd’hui. Donc forcément, on est pas un public très porteur électoralement parlant. Evidemment dans la paysannerie il n’y a pas que des exploitants, il y a aussi des salariés. Bien-sûr, quand on est salarié, on est un peu plus curieux de savoir si le SMIC va augmenter, que vont devenir mes cotisations etc. L’agriculture, c’est un sujet très politique mine de rien !”
“Des choix fiscaux pourraient bouleverser le régime agricole et, vraiment, c’est décevant de voir qu’il n’y a pas vraiment de candidat qui s’empare de ça ou alors de manière très superficielle. Le sujet a beau être complexe, il est urgent et il faut qu’on en parle. C’est hyper frustrant de voir le journal télé et de voir qu’on ne parle jamais d’agriculture ou alors de manière très “Jean-Pierre Pernaut”, qui nous montre comment on fait du miel, le terroir en disant que c’est bien et tout… Mais on nous parle pas de toutes les politiques qu’il y a autour et de ce qu’il faut faire pour que l’agriculture française soit l’agriculture dont on rêve. L’agriculture dont on est fier.”
Reportage de Pauline Lecouvé