À Villejuif, le PS n’a pas (encore) perdu l’espoir

Les militants du Parti socialiste (PS) ont investi le marché de Villejuif pour y défendre le projet présidentiel d’Anne Hidalgo. Avec les élections législatives comme horizon.

« Le PS doit rassembler largement pour avoir une dynamique en marche et… » : Camille Vielhescaze, premier adjoint à la mairie de Cachan et candidat à la députation de la 11ème circonscription du Val-de-Marne s’interrompt, sous les cris désapprobateurs de ses camarades. Le ton est à la plaisanterie. Mais pour ces quinze militants du Parti socialiste, réunis au restaurant « Au Bureau » de Villejuif autour de cafés et croissants, il n’y a pas de malentendu. Ils soutiennent Anne Hidalgo et sont déjà investis pour les élections législatives de juin.

En route vers le marché du Centre Eugène-Varlin, ils croisent des militants communistes et de la droite. « C’est le signe que la campagne commence », d’après Malika Kacimi, élue socialiste au numérique à Villejuif. Sous un grand soleil, le tractage débute. Sacs de course à l’épaule, quelques Villejuifois traînent leurs chariots parmi les étals de nourriture. La plupart ignorent le tract qui leur est tendu, ou le range avec hâte sans s’arrêter.

« Tout le monde n’est pas encore dans la campagne. Mais les gens n’ont plus l’envie, ils sont désabusés de la politique. Il faut les ramener vers le vote », explique Malika. Militante depuis quinze ans du Parti socialiste, elle a confiance en l’avenir de la formation : « La politique, c’est cyclique. On a déjà été dans le creux de la vague par le passé ».

« Opération grignotage »

Le très faible niveau d’Anne Hidalgo dans les sondages (1,5 %) ne désarme pas les militants, qui tentent de casser son image négative, ou simplement de la faire connaître. « Je ne sais pas qui est Anne Hidalgo. Je compte me renseigner grâce au site du Parti socialiste », raconte Karla, une habitante. Angélique Susini, directrice de la campagne législative de la 11ème circonscription du Val-de-Marne, se félicite d’une action « coup de force ». « L’accès au logement, au soin, à l’éducation, sont les vraies préoccupations des habitants. Ces sujets sont portés par Anne Hidalgo », assure la jeune femme.

Face à l’argumentaire des militants, Jean-Pierre déplore le manque d’union à gauche : « Je suis heureux que vous existiez encore. Je serais triste de voir les partis socialiste et communiste disparaître. Espérons que la gauche arrive à grignoter sur les abstentionnistes ou sur l’électorat de Le Pen ».
Si Angélique entend lancer « l’opération grignotage », Camille Vielhescaze veut porter un message collectif, derrière la maire de Paris. « Cette campagne de terrain doit montrer que l’on peut compter sur la gauche, même quand elle est divisée. » Il est prêt à soutenir les communistes s’ils arrivent en tête au premier tour des élections législatives. Comme pour faire oublier les efforts infructueux d’Anne Hidalgo pour une union de la gauche.

Théo Kaissaris

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